Le contexte économique favorable que traverse la France sur la reprise des investissements ainsi que les mutations organisationnelles des entreprises (intégration du Digital ou de la Data, changement des règles de management…), conduisent les entreprises à investir sur leurs ressources avec une forte pression, voire une attrition sur certains métiers. La guerre des talents, commencée il y a quelques années, s’accentue avec une génération «  Y » qui représente désormais plus de 30 % de la workforce avec ses codes, sa culture et ses modes de fonctionnement.

Pour cette génération, on ne construit plus sa carrière de manière tactique, on la consomme, en mode projet et multimodal. Cela amène du pragmatisme et du concret à l’employeur mais oblige l’entreprise à penser différemment ses modes de fonctionnement et de management. La culture de l’achievement à court terme prédomine sur la stratégie long terme. Les équipes Rh ou recrutement des entreprises, sont aujourd’hui sous une pression permanente : il n’y a pas de droit à l’erreur, il faut faire évoluer plus rapidement les collaborateurs, et réduire le « Time to hire » pour un rendement opérationnel efficace dans un changement de titulaire de poste.

La Data un accélérateur

Monitorer les Rh et utiliser la data sous forme d’algorithmes, favorise cette accélération. Cela permet, avec objectivité et acuité, de mesurer la performance des collaborateurs, à l’instar de ce qu’avait pu faire Laszlo Bock au sein de Google, pas seulement sur des critères de résultat. Cela offre la possibilité d’analyser de multiples sources d’informations pour prédire les évolutions des collaborateurs et en faire une clé stratégique de développement. Enfin, cela peut de manière préventive, révéler plus rapidement via des algorithmes, du machine learning et demain de l’IA les candidats susceptibles de quitter l’entreprise.

Pour l’entreprise, la data permet de se mesurer au sein d’un écosystème cible et de challenger son organisation notamment dans un contexte de transformation et d’intégration de nouvelles compétences.

Déterminer des profils clés, réduire le temps d’un recrutement, développer de manière ciblée sa stratégie employeur… Voilà quelques exemples de ce que la data permet déjà. Les perspectives qu’elle amène sont encore plus larges et changeront durablement le rôle du DRH dans l’entreprise. Face aux nouveaux défis du « travailler autrement », la data représente un socle stable et objectif pour mesurer, évaluer et prendre des décisions stratégiques.

Chaque entreprise utilise déjà beaucoup de données, tant sur les salaires que la gestion du personnel par exemple. La dimension algorithmique va faciliter la transformation de son organisation. Le seul préalable est d’identifier la notion de « succès » propre à chaque entreprise, ainsi que les facteurs qui le compose. Les entreprises ayant déjà éprouvé ce type de procédé y ont trouvé des sources de diversité, en termes de formation, de passerelle ou d’échange entre les collaborateurs. Elles ont également réduit leur turnover et changé leur méthode de recrutement.

Le recrutement et la gestion des ressources humaines demeurent et demeureront des métiers d’hommes et femmes engagés. Il y aura cependant moins d’intuition et plus de décision maîtrisée et concertée. Dans le contexte actuel, c’est donc un vrai atout.

Arnaud CAdata-rh-recrutementNTET